Soumis par paris.laurie le mar 17/02/2026 - 11:59

Traduire en œuvre le « corps en mouvement » peut se faire de différentes façons. Dans le cas de Christelle Guerlus, c’est avec du fil et de la peinture sur huile que cette thématique prend forme. Si la superposition de ces matières peut paraître à première vue étonnant, il donne surtout à voir un corps en action, plein de vie et d’énergie. Avec la précision que nécessite la broderie du fil sur le papier, le spectateur peut percevoir l’émotion que le personnage dégage. Par « le corps en action », c’est le corps au sens physique du terme qui nous est donné à voir.

Le corps en effort

Le corps en plein effort

Dans une première série, « Les écorchés », l’invisible devient visible. Les muscles en fils et la chair en peinture permettent de rendre crédible le mouvement. Ces mêmes fils suivent les lignes de force du corps. L’artiste les superpose pour créer une impression de tension musculaire, comme lors d’un effort physique.

Ainsi, il nous devient possible de cartographier le corps humain : les muscles, les tendons, les nerfs… deviennent des fils tendus qui maintiennent l’architecture du vivant. Avec ce mélange des matières, la peinture nous fait effleurer ces organes et les fils nous donnent presque envie de les caresser.

Corps en pleine course

Le corps en pleine course

Avec la combinaison de l’anatomie musculaire et du travail du fil, une sensation de dynamisme met en évidence la relation entre la forme physique et l’effort. De fait, les fils, plus colorés les uns que les autres, deviennent des extensions de l’énergie dégagé par celui-ci. C’est alors que ressort non seulement la connexion entre le corps et la nature, représentée par des fleurs, mais aussi la fluidité du mouvement.

C’est dans cette optique que l’artiste a créé une seconde série, nommée « Les nageuses ». Bien que les représentations soient différentes, une évidence apparaît : dans l’eau, le corps est libéré de la gravité et flotte, ce qui symbolise aussi sa légèreté et sa puissance. L’artiste capture un moment suspendu et y invite le spectateur.

Les nageuses

Les nageuses

Les personnages se fondent littéralement dans un tourbillon de fil évoquant à la fois l’eau, le mouvement et la concentration du geste sportif. C’est un véritable effet de dynamisme qui est créé, renforçant la sensation de vitesse et de fluidité. L’élan du saut paraît alors réel. Chaque nageuse est peinte dans des postures tendues de manière à accentuer la représentation de la concentration et de la maîtrise du corps. On retrouve souvent des couleurs vives dans le travail de Christelle Guerlus. Il y a alors un contraste entre l’ordre géométrique du fil et la liberté du corps en chute.

La nageuse

Avec ce travail du fil, complémentaire avec le travail de la peinture à l’huile, c’est l’esthétique du corps qui est travaillée, et l’idée de la liberté de celui-ci qui l’accompagne.

Article co-écrit avec l’artiste afin de laisser l’artiste s’exprimer dans sa démarche.

Fiche artiste: https://artistes62.fr/index.php/profile/36