Faire tomber le masque ou envisager l’art comme quête de vérité. Tel pourrait être une citation d’Olivier D’huslt. Ce dernier confie « C’est avec nos yeux que nous regardons, c’est avec notre cœur que nous voyons et c’est avec un masque que nous vivons ».


Créations de l’artiste autour du masque - Crédits photo : Cindy Malassingne

Crédit photo : Olivier d’Hulst
Depuis toujours, le masque fascine et intrigue. Objet rituel, symbole social, outil de métamorphose, il traverse les âges et les cultures. Pour l’artiste, le masque n’est pas seulement un accessoire : il est le cœur de sa démarche artistique, le fil rouge de son œuvre. Les notions de métamorphose, de transformation, de vérité prennent place dans sa démarche et ses réalisations.
Le masque pourrait se traduire à la fois comme voile et comme révélation. Les masques nous entourent et de manière inconsciente ou non, pour l’artiste, nous en portons tous un ! Il souligne le principe suivant : les Hommes portent souvent le masque par peur de décevoir ; porter le masque en société serait alors chose courante. Il s’agirait surtout d’un masque conceptuel, que l’on ne voit pas. Le masque cache la réalité, dissimule les émotions et projette une image fabriquée. Porter un masque, c’est adopter une identité qui n’est pas forcément la nôtre — comme dans la vie sociale où nous revêtons des rôles. Par exemple, le masque du médecin, ou encore celui du notaire ou bien de l’avocat. Mais au-delà de cette apparence, l’artiste cherche à faire tomber le masque, pour laisser surgir l’essentiel : la vérité des êtres et la profondeur de l’humain. Ainsi, Olivier D’Hulst va à la rencontre de l’autre.




Masques en sculpture
Ses créations peuvent trouver leur ancrage dans une longue histoire. L’évocation des masques primitifs, comme ceux de la culture Chipicuaro au Mexique ou encore la Dame de Brassempouy ( aussi appelée Vénus de Brassempouy, elle constitue l'une des plus anciennes représentations réalistes d'un visage humain et sans doute même la plus ancienne connue). Cette figurine préhistorique au visage stylisé, rappelle que depuis les origines, l’Homme fabrique des représentations pour dire ce qu’il est et ce qu’il cache. À ces références archéologiques se mêlent des inspirations contemporaines, comme la bande dessinée, notamment Rahan, où le masque devient métaphore de l’illusion et du dévoilement.
Si le masque peut diviser, en créant des distances et des faux-semblants, l’artiste en fait un outil de rapprochement. À travers son travail, il nous invite à questionner les rôles que nous jouons et à oser dévoiler nos vérités intérieures. Ses œuvres deviennent alors un appel à la sincérité, une invitation à rencontrer l’autre sans fard, à tisser des liens authentiques.
Que ce soit à travers la sculpture, le dessin ou la peinture, le fil conducteur du masque est omniprésent et ce jusque dans les moindres recoins de l’atelier de l’artiste.




Vue d’ensemble de l’atelier et focus sur « visages modèles »
Au fil de ses créations, le masque cesse d’être un simple objet pour devenir un langage. Derrière chaque visage sculpté, peint ou esquissé, l’artiste cherche à ouvrir un espace de dialogue. Son projet est clair : rapprocher les hommes entre eux en dépassant les artifices.
Là où le masque cache, son art dévoile.